mardi, janvier 15, 2008

LA FETE AU VILLAGE




What a trip!


« Pont Saint-Esprit, un joli village au bord du fleuve Dieu le Rhône , dans le Sud de la France, est célèbre non seulement pour son pont historique mais aussi, malheureusement, pour ce qui arriva à ses habitants à partir du mois d’août de l’an 1951 et qui a été nommé par la suite “l’Affaire du Pain Maudit”. C’est dans ce petit village que, vers la moitié du mois d’août de l’an 1951, les médecins Vieu et Gabbai remarquèrent que certaines familles présentaient un syndrome particulier, caractérisé par des sensations de froid, de la nausée, des vomissements et de la lipothymie. A ces symptômes-là s’en ajoutaient d’autres, plus graves et, notamment, des convulsions, des hallucinations visuelles, des illusions sensorielles, de l’euphorie, des crises dépressives et des tendances suicidaires.
Les comptes rendus décrivent Pont Saint-Esprit comme une espèce de cercle dantesque où des personnes qui hurlent se déambulent, terrorisées, dans les rues envahies par le hululement des sirènes des ambulances. Ce cauchemar parvint à son point culminant pendant la nuit du 24 août qui, par la suite, sera décrite par le docteur Gabbai comme « ma nuit d’apocalypse » (Giraud, 1973). Voilà comment Fuller la décrit : « Toute cette nuit-là, des voitures, des charrettes, toutes sortes de moyens de transport amenèrent à l’hôpital des malades gémissant ou hurlant, en proie à des phantasmes de violence ou de peur… ». Et aussi le matin suivant, dans les premières heures de la journée : « Les malades se croient entourés de flammes ; c’est ce qui les poussait vers les fenêtres… ils étaient éblouis de visions violemment colorées… » (Fuller, 1968).
Les effets psychiques s’évanouirent après quelques mois et, vers la fin d’octobre, la situation retourna à la normalité (Giraud, 1973). Le bilan final fut de presque une dizaine de morts et des centaines de malades, qui habitaient tous à Pont Saint-Esprit ou dans les environs, dont une soixantaine fut emmenée dans les hôpitaux psychiatriques de Montpellier, Nîmes, Avignon, Orange et Lyon.
On a supposé qu’il s’agissait d’un empoisonnement alimentaire dû, notamment, au pain infecté par de l’ergot de seigle. Cette hypothèse est confirmée par le fait que ceux qui sont tombés malades avaient tous ingéré du pain vendu par la même boulangerie, dont la farine contenait de l’ergot (Gabbai et al., 1951), ce qui a été prouvé par une analyse pharmacologique effectuée à Marseille.
Outre l’hypothèse de l’empoisonnement dû à l’ergot, on a avancé d’autres hypothèses à propos des évènements de Pont Saint-Esprit. Selon une de ces dernières, l’empoisonnement aurait été provoqué par la présence de méthyle mercure, un agent fongicide bien connu (Bouchet, 1980), alors qu’il y a trente ans Moreau (Moreau , 1982) a considéré une moisissure qui infecte les denrées céréalières, lAspergillus fumigatus, la vraie responsable de ce syndrome.
Cependant, aucune de ces trois hypothèses est vraiment convaincante et « l’Affaire du pain maudit » reste un mystère irrésolu."

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