vendredi, mars 23, 2007

LES ADIEUX


Grande lassitude entre « Devenirs du roman » et le Technikart hors-série littérature ou l’avenir semble se résumer à la simple question : « Comment faire du neuf avec du vieux ? »
Qu’il y ait des désirs d’écriture au XXIème siècle, certes, comment le contester ?, des essais d’écriture, l’encombrement, mais une transcendance qui pose la littérature comme terme plein d’une alternative avec le monde – une littérature Totale, une littérature Monde - on en guette vainement la trace ces dernières années en librairie.
L’anecdote est connue, Haydn en 1772 conclue avec sa symphonie N°45, Les Adieux, non par un mouvement vif mais par un adagio – les instruments se taisent les uns après les autres, chaque musicien souffle sa bougie avant de quitter la scène, ne restent à la fin que deux violons qui soufflent leur bougie, et continuent, dans le noir, à jouer la tierce.
Il ne me semble pas d’image plus parfaite pour la littérature au XXIème siècle – en attendant d'être détrompé. Sans trop d’espoirs néanmoins.

2 Comments:

Blogger SCARECROW said...

Ce seul dessin d'Artaud prouve qu'écrire n'est pas s'emparer du monde mais d'abord casser la petite noix saugrenue de l'individualité. "Oter la croûte du pain brouté": beau programme. Ça se paie, c'est tout.

9:08 AM  
Blogger guillaume said...

Quelques noms, en France, pour tenter de donner de l'énergie en temps de misère : Ludovic Bablon avec Scènes de la vie occidentale, Le Quartanier, 2005 ; Philippe Vasset, Bandes alternées, Fayard, 2006 ; et puis des poètes : Charles Pennequin, Christophe Tarkos...

Certains délirent encore le monde, mais plus ou moins invisiblement – et souvent hors ou à la lisière du roman... Comme si quelque chose du pacte fictionnel s'était effondré, et demandait soit à être réactivé (Bablon, virtuose de la fiction, joue en appuyant sur les codes fictionnels qu'il revisite, et finit dans SVO par devenir son personnage principal et tenter de vider l'appartement-témoin de l'occident replet), Vasset se la joue Nostradamus des évolutions possibles du milieu artistique créatif en brodant sur l'idée (réactionnaire... mais effrayante de justesse) de Benjamin Franklin, "When everybody is somebody, then nobody is anybody". Pennequin et Tarkos sont dans la langue logorrhéique et trouée d'Artaud, mais aussi dans le plus vivant de la parole d'aujourd'hui...

amicalement,
Guil

4:17 AM  

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